Wagon-bar

                                                                      


(Texte que je dois lire ce soir pour le lancement de la revue <<Brimbelle, carnet d'exploration des névroses saguenéennes.>> Le thème c'est la Ville.  Je vais être saoûl; c'est mon anniversaire.)


 


 


                                 À tous mes amis, revenus, sur la route ou qui partiront


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Les pieds


Les trains


Les rues


La carte


Édifices


Des visages qui  n’évoquent rien


Les commerces qui aspirent jusqu’au pavés des trottoirs


Les sirènes rugissantes de la loi


Montréal en urgences


Métropole inutile


Prison urbaine


Réplique bon marché de New York


Mais sans tour


Comme New York


Tous tes concitoyens se détestent


Ensemble


 


Exils


Terre de repos


Age d’or du voyage


Jeunesse en dérangement


Missiles anciens


Je n’ai jamais mis le pied


Sur l’île de Cuba


Ni entendu la complainte révolutionnaire


Jaillissante des champs de canne à sucre


Mais certains hommes


D’une grande sagesse


Ont su m’en faire apprécier les brumes


 


Contrôle!


Prochain arrêt: l’éternité


 


Fief des vacances


Barcelone ne me verra point


Jusqu’à ce que se finisse


La Sagrada Familia


Mais  j’irai


J’en ai la certitude


Sûrement pour me marier


Ou pour mourir


 


Bonjour Madame, où descendez-vous?


Moi je ne vais nulle part


 


Par l’hiver d’ennuie


D’Alfama


Je n’ai reçu qu’une carte postale


Ville de terre ocre


Qu’on dirait sculptée à même le sol


Et derrière Alfama


Il y avait de jolis mots


 


 


 


Altitude de pierres simples


Rondes


Rythmes noirs


À Beule j’ai goûté la poésie


Et appris l’humilité


 


Dangereuse témérité


Fougue


Lointaine dispute


Automatisme


C’est dans Rennes la tortueuse


Que j’entendis le monologue le plus tranchant


Affûté et acerbe


Dans la langue des bouchers


Prendre la fuite


Comme prendre un bain


 


 


J’ignore tout de Prague


Sinon mon désir d’y vivre


Déraisonné, primal


Prague ma promise aux angles serrés


Prague de poésie


Prague à l’abandon


Attends-moi


 


Je n’irai à Beslan Que si l’on m’assure


Ne plus jamais tuer de gamins


Pour les querelles enfantines


D’adultes têtus


Immondices


Responsables


Dégueulasses


 


De sable et d’Orient


De Babylone à Sumer


L’origine


Je rêve de voir Bagdad


Vivante d’irakiens


Mais ils ont pillé ses musés


Les plus anciens du monde


Qui étaient remplis des joyaux


Du berceau de l’homme


 


À St-Georges d’Orques


Dans les champs


Au repos mieux qu’au lit


Le grand plaisir de la fourchette


Le privilège du verre bas


J’ai regardé les mêmes étoiles


Avec les fauves


Les agrumes


Et les mots barytons


Que mouillait l’or rouge


 


Les rues de Gex


Sont comme le lacet


Du soulier de la montagne


L’air bon


Comme la saucisse de Franck


Le jeune boucher


Puis à seulement une heure de marche


Il y a Echenevex


La cheville du Jura


Où la salle de cours est à table


Et les cheveux frisés


 


Je rêve de Bucarest


Depuis le jour de ma naissance


Pour voir avec les yeux de mon père


Pour boire avec les roms


Me donner des ampoules à marcher


Pour mieux revenir


Apprendre enfin à chanter


À vivre et à aimer


Violon, cymbalum


Tuba, Trompette


Fanfare


Yop! Pop! Polay!


 


Souvent l’envie de Cagliari


De Dorgali, d’Arbatax et du Trenino Verde


Me porte jusqu’au sommeil


Je rêve aussi d’Istanbul


Un pied en Europe, l’autre en Orient


Et je ne peux mourir sans voir Bonifacio


On m’a dit de Naples qu’elle est une banlieue du paradis


Et j’ai le pressentiment que Cork sent le poisson


 


Toutes les destinations se retrouvent au wagon-bar


Certains ont ramené des bouteilles


D’autres des babioles en souvenir


On se montre des photos


Toutes les langues s’emportent


Dans la voix de chacun


Nous irons partout :


Rabat, Moscou, Bamako,


Lima, Munich, Tanger,


Bratislava, Lisbonne, Quimper,


Madrid, Cincinnati, Montevideo,


Bogotá, Porto, Nairobi,


Moose jaw, Crabtree, Neville,


London, Rio de Janeiro, Yellowknife,


Tokyo, Athènes, Lac-Bouchette…


Assez!


 


Je suis né à Alma


N’y suis jamais mort

15 Comments 19.1.06 14:05, comment

Évidence

On m'a arrêté alors que j'étais SUR la grosse brosse.


Le juge m'a retiré mon permis de conduire m'accusant d'avoir conduit SOUS l'effet de l'alcool.


Il est tout à fait normal que ma femme m'aie quitté en me disant que la boisson était au CENTRE de ma vie.


1 Comment 16.1.06 17:14, comment

Mantra

À poings de haine sur la rouille, la matière de mes mains s'arrache en souillures abîmées


L'asphyxie s'installe dans la syncope


Au rythme de mes artères


D'inconvénients, mon corps simule l'envie déviante


 


 


 

3 Comments 7.1.06 00:31, comment

La rue, la haine et quelques mots

La révolte indispensable du dicours dans l'avant-garde sinistre


Dérange


Contamine


L'hypocrisie brutalisée des phénomènes d'actualité


Frustrée devant l'issue du désordre


Quand l'agressivité devient inspiratrice


Le camouflage nécessaire pour lutter


Tout en vêtant l'incisivité du language


 


L'arme devant la critique


Proclame sa différence devant l'acte


La victime, consacrée


Et les virus se bousculent


Puisqu'on peut se passer de tout...ou presque



 

11 Comments 19.12.05 17:49, comment

Pulsation libre #2, divagations sur Coltrane


Toi et ta bouche, ni l’âmefficeffice" />


Laisser tombe relâche blême


Et l’autre en noces émulées


Mon oreille dans tes trippes


À meule


À lampe


Me promène le lendemain des siennes


Tu descends trop fort


Uppercut!


Tranche franche cramoisie


Hystérie du dimanche


Nœud double


Vive et sauvage


Plus rapide que toute les patiences


Vivement direct planté là


Dans la patience


Parfois, l’espoir d’une suite


Je me laisse, c’est ma laisse


Que l’on meurt en riant


Pour le début


L’étire, et tire, plaque perflue


Et se brise


Plaintes recluses


Je te frappe dans la face et tu aimes ça


Comme l’amour, le reste…et toi.

1 Comment 28.11.05 09:10, comment

J'enfanterai d'une haine plus grande


Et toutes les souffrances de jouir


De ce qu'aucun livre n'ajoute


Embuscade!


4 Comments 27.11.05 01:34, comment

Mourir extrêmement


Anéanti par la prière de mitraille


De une ni deux


Seule la poussière en suspension


Sans allégeances de tout serments


Je laisse au hasard soulagé


Le plaisir destructif de la terreur


Sous les scrupules évanouies


Quand la sagesse brûle la conscience


De passion animale


D'audace


N'y voilà que l'ombre de ma haine

1 Comment 20.11.05 21:44, comment